Aïkido : Le journal d'un débutant
(Saison 1)
publié du 9 décembre 2006 au 30 juin 2007
Sur le site du club Marcq Aïkido : http://www.marcqaikido.com/
Cercle vertueux
Vous qui avez
jusqu’ici mené une vie de patachon, une existence sans
gloire et sans relief, un vol plané à la rame dont la
destination vous a jusqu’ici échappé…,
l’aïkido vous offre la possibilité d’entrer
dans un cercle vertueux qui vous conduira vers une meilleure
maîtrise par vous-même de votre propre destinée.
Ça se saurait, dites-vous ? et vous avez raison mais le
mieux est de l’éprouver par vous-même.
La clé de ce
cercle ? s’en tenir aux entraînements. La
régularité est payante. Deux fois une heure et demie
par semaine est un bon rythme et les progrès sont sensibles.
Cela encourage. Naturellement, cela suppose quelques
aménagements de vie et d’emploi du temps. Finis les
apéros au rade du coin, le quart d’heure de "papotte"
qui s’éternise chez Simone, le "vautrage"
systématique le soir devant la téloche… ou alors,
faut décaler les autres jours…
Par ailleurs, tout cela n’est pas exclusif d’une
autre sport. Moi-même qui vous parle, sans être un
forcené de la dépense physique, j’alterne chaque
séance d’aïkido avec une séance de piscine
d’une demi-heure. Ça masse et ça détend, des
longueurs toutes simples en brasse et en crawl…
L’aïkido suppose la souplesse. Je ne
caractériserais pas la mienne sans me désobliger.
Certains exercices seraient bienvenus chaque matin et soir. Mais,
honnêtement, je n’y suis pas encore : pourtant
j’y songe… C’est tout dire.
Commencer l’aïkido, c’est, en ce qui me
concerne, commencer aussi une forme de reconstruction. Cette
pratique régulière oblige l’enrobé dans mon
genre à se poser certaines questions sur la façon de
s’alimenter : pain et nouille ou pain ou nouille ? Des
questions de fond quoi. Je n’en suis pas encore au
régime mais la difficulté à se plier en deux sur
le tatami, la gêne du ventre dans certaines positions, si
elles ne sont pas des contre-indications formelles à la
pratique, vous suggèrent recta qu’il y a quelque chose
à tenter. Total, à l’heure du repas, on reluque
d’un drôle d’œil le sel que l’on
ajoute d’ordinaire systématiquement, avec abjection le
pain dont on se bourre, et on considére l’innocent
verre de vin comme un faux derche auquel on collerait volontiers
un atémi…
Ainsi,
insensiblement, le monde n’est plus le même. De sombre
et triste, il devient lumineux même au plein cœur de
l’hiver, la nuit, sous la pluie. On se surprend à
marcher droit comme un « i », le ventre sans être
en dedans, resserre son étreinte, regrimpe vers les
côtes flottantes. Le souffle s’apaise… Tout cela
donne du temps, ouvre les horizons, asticote les
curiosités… Résultat : vous vous placez en
situation de conquérir de nouveaux territoires ailleurs et
en vous-même.
Je vois des
narquois qui rigolent, des gigolpinces qui font « bah !
». Qu’ils y viennent ! Qu’ils y tâtent !
Ils seront les premiers surpris car, bien sûr, devant de
telles avancées dont on n’avait pas
l’imagination, l’idée vient d’aller
toujours plus loin.