Aïkido : Le journal d'un débutant
(Saison 1)
publié du 9 décembre 2006 au 30 juin 2007
Sur le site du club Marcq Aïkido : http://www.marcqaikido.com/
L’étiquette (2) : Le costume
La devise des
aïkidokas pourrait fort bien être : « Nous ne
craignons rien fors le rhume » et la raison en incomberait
à notre sujet d’aujourd’hui : le
costume.
La tenue
d’entraînement s’appelle le gi(1).
Bannissez tout de suite le mot kimono, qui ne convient pas,
encore moins pyjama, bien que la forme en soit plus proche. En
dépit des apparences, un pyjama, fût-il de chez Armani,
Lagerfeld, Yves Saint-Laurent, Dolce & Gabbana, du Printemps
ou des Galeries Lafayette, ne saurait convenir. Sous couvert de
vêture ad hoc, les Japonais dans leur sagesse immense ont
conçu un costume spécial qui a tout du pyjama, sauf
qu’au lieu d’être en soie brillante, il est en
coton rêche ; qu’au lieu d’être
chamarré, agrémenté de motifs de couleur, il est
platement blanc comme les neiges du Fujiyama ; qu’au lieu
d’être coupé sur mesure, il accuse un
sérieux feu de plancher que les plus hauts gradés
cachent savamment à l’aide d’une sorte de
jupe-culotte noire ou bleu marine (hakama) au nouage
compliqué. Nouage dont l’exécution à elle
seule justifierait le passage à la ceinture noire. Sauf
erreur, c’est d’ailleurs le cas.
Les effectifs sont
ainsi divisés en deux, un peu comme aux dames : les blancs
d’un côté, les noirs de l’autre, et si
l’harmonie, la transmission du savoir et du
savoir-combattre n’étaient pas le propos, ce seraient
toujours les noirs qui gagneraient. Certes, les niveaux sont
divers tant chez les blancs que chez les noirs, mais ils ne
s’affichent pas, la modestie étant une règle
centrale de ladite étiquette.
Tout comme son
nouage, le pliage de l’hakama possède ses règles.
Je ne sais si cela tient au fait que les Japonais manient
l’origami comme une seconde nature mais c’est ainsi.
Toutefois, j’ai constaté une faiblesse au dispositif :
si j’ai trouvé la manière conventionnelle de
plier l’hakama ainsi que la veste du costume, aucune
indication en revanche pour le bénard matelassé…
doit-on croire que cela est laissé à
l’improvisade ? Doit-on en tirer la conclusion que le
pantalon n’est pas rigoureusement nécessaire pour la
pratique ? On reste sans voix devant cette énigme à
laquelle les Japonais ne nous ont pas
préparés…
PS : J’ai
oublié de parler de la ceinture du gi dont il n’est
pas inutile d’évoquer l’existence, en premier
lieu parce qu’elle permet de tenir fermée la veste du
gi, qui ne possède pas de boutons (!). Ensuite, on constate
trop souvent que des pratiquants se trouvent
dépenaillés dès les premiers échanges faute
d’avoir noué cette ceinture de façon idoine.
Voici comment il faut s’y prendre :
1) Appliquez et maintenez le plat du bout gauche de la ceinture
sur votre ventre, puis, dans le sens contraire des aiguilles
d’une montre, faites tourner la ceinture bien à plat
deux tours, en vous assurant qu’elle ne vrille pas sur
elle-même (surtout dans le dos).
2) À l’endroit de votre ventre, passez le bout du
côté droit sous les deux tours ainsi réalisés
en un nœud simple.
3) Pour doubler le nœud efficacement, dans la main gauche,
tenez le brin de dessus qui pointe vers la gauche et repliez-le
vers le bas, dans votre main droite tenez le brin de dessous qui
pointe vers la droite et repliez-le vers le haut, vous aurez
ainsi l’indication qui vous permettra d’engager ce
double nœud : rejoignez les deux brins, passez-les
l’un dans l’autre et serrez.
Je tiens ce conseil de mon copain Patrick et je l’en
remercie : depuis, je n’ai plus quitté ma ceinture
faute d’avoir réussi à la dénouer ! (nan,
j’plaisante…)
(1) Les gis
d’aïkido sont identiques à ceux du judo : ils ont
en général des motifs à grain de riz et
pèsent à peu près 930 g/m2 environ, leur col est
plat (5cm/1cm), la couture du dos est large de 3 cm. La toile est
double, dense, parfois sanforisée (en ce cas elle ne
rétrécit pas). L’intérieur de la veste est
gratté. L’ensemble possède de nombreux renforts.
La taille varie de 150 à 210 cm, de 5 cm en 5 cm. Lavez
à 30° et laissez sécher normalement (surtout ne
jamais mettre au sèche-linge !).