Aïkido : Le journal d'un débutant
(Saison 1)

publié du 9 décembre 2006 au 30 juin 2007
Sur le site du club Marcq Aïkido : http://www.marcqaikido.com/

Vers la saison 2

Fais ce que tu vois et pense à ce que tu entends

Pour moi, qui viens, si j’ose dire, de la danse africaine (eh oui !), je n’ai pas été surpris par l’enseignement mimétique dispensé par les professeurs.
Le professeur invite un pratiquant à tenir le rôle d’Uke et réalise plusieurs fois la technique sous un angle chaque fois différent ; à charge ensuite aux élèves de la réaliser avec plus ou moins de bonheur en se mêlant les uns les autres et si possible en changeant chaque fois de partenaire de façon à appréhender toute la richesse des corps et du comportement humain.
En danse africaine, c’est pareil. Je veux dire que le professeur esquisse plusieurs fois un pas ou un enchaînement de pas, à charge aux élèves de l’imiter du mieux qu’iIs peuvent. Il est vrai que cela peut être déconcertant au début pour qui n’a pas l’habitude de reproduire physiquement un mouvement simplement montré ; mais enfin, on surmonte assez vite cette difficulté.
Est-il utile de préciser qu’il ne suffit pas de reproduire un mouvement pour le reproduire bien ?… Je dirais même pour le reproduire juste ? Hélas, une marge assez grande existe qu’un peu de pratique aide à mesurer à sa juste dimension : un gouffre !… Un gouffre que seule une pratique assidue et sans cesse corrigée permet de réduire. 
Il faut beaucoup de modestie dans tout ce travail. Mais enfin - et là je m’adresse aux professeurs - être capable de refaire le mouvement peut constituer pour un débutant une petite victoire en soi et cela à trois titres : une victoire sur soi-même, sur l’obscurantisme qui lui a fait ignorer l’aïkido jusqu’ici et une victoire sur tout ce qui le pousse à être si gourd… Il n’est pas de progrès petit…

L’honnêteté nous obligeant à reconnaître que l’aïkido n’est pas la danse mandingue, la comparaison s’arrête ici.

En effet, dans l’aïkido, il y a contact entre les partenaires ce qui n’en fait pas pour autant une danse de salon (encore que, parfois, on ne peut s’empêcher de penser à du rock acrobatique !). Ce contact est déterminant car la technique doit être réalisée convenablement par les deux partenaires. Ceux-ci doivent chercher l’harmonie et la sincérité dans leur rôle respectif, celui qui attaque comme celui qui se défend. Il y aurait beaucoup à dire sur la simple « sincérité ». Or, et c’est un autre aspect de l’apprentissage de l’aïkido : l’enseignant donne des explications. Il oralise, il verbalise en même temps qu’il pratique ; ce qui confine au grand art car tout cela est épuisant… pour lui. Il décompose en détaillant par des mots choisis chaque phase de la technique, fût-il en équilibre instable…
La pratique de l’élève n’est donc pas uniquement le résultat d’un mime intuitif mais se construit aussi grâce à des mots qui décrivent la pratique avec la précision d’un laser. « Centré sur l’adversaire », « les épaules relâchées », « l’atémi est toujours présent », « en position d’équilibre et de sécurité », « le genou avant au-dessus du gros orteil »… ne sont pas de vains mots et c’est souvent faute d’avoir tenu compte d’une de ces recommandations apparemment anodines que Tori peut devenir Uke en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire.