Aïkido : Le journal d'un débutant
(Saison 1)
publié du 9 décembre 2006 au 30 juin 2007
Sur le site du club Marcq Aïkido : http://www.marcqaikido.com/
Toutes les douches ne sont pas écossaises
Ma gorge se noue, mon esprit confus manque à se concentrer.
Ma plume reste interdite devant le papier blanc et les mots me
font défaut au moment précis où je me dois
d’évoquer quelque chose à côté de quoi
les chutes du Niagara ne sont qu’un aimable divertissement
pour jeune fille au pair, les cataractes du Nil un chromo de
carte postale jauni, le barrage des Trois gorges et les chutes
Victoria du Zambèze des pièces et des jets d’eaux
pour vasques de fontaine Wallace.
C’est l’évocation du Bain turc, lors d’un
épisode précédent, qui m’a inspiré
l’idée risquée d’aborder aujourd’hui
un sujet difficile à traiter, qui plus est par écrit.
En effet, tout ne se partage pas si facilement et
l’écrit est parfois impuissant à rendre compte de
certaines expériences dont le plaisir, au bord de
l’insoutenable, arrive en deuxième position,
peut-être ex-aequo avec le croissant du dimanche matin, tout
juste après le supplice de la chèvre léchant le
sel dont on a saupoudré le pied du prisonnier soumis à
la question.
Au surplus, parler de ces expériences à ceux qui ne les
ont pas vécues pourrait leur donner des idées fausses,
des fantasmagories, des visions baroques, qui sait ?
D’obscurs désirs…
Je veux parler de la douche après
l’entraînement.
Mais d’abord, disons-le tout net : sous la douche point
d’étiquette !
Il est vrai que nous sommes en dehors du tatami.
Elle se prend nu.
Elle n’est pas obligatoire.
Elle n’est pas un des rites de l’aïkido et
pourrait peut-être se confondre avec celle que prennent
d’autres sportifs comme les rugbymen.
Au risque d’hériter d’une réputation de
conformiste et de passer pour un petit-bourgeois avec son petit
manteau et son petit chapeau, je confesse que je sacrifie au
bonheur quotidien de la douche réparatrice.
Eh bien, que Saint Zosime m’en soit témoin ! Aucune de
celles-ci ne vaut celle qui suit une séance
d’aïkido. D’abord parce que c’est la
preuve indubitable que la séance est finie (!) et puis, elle
est l’indice, chaque fois vérifié, qu’il
existe une vie en dehors du tatami.