Aïkido : Le journal d'un débutant
(Saison 2)

publication hebdomadaire depuis octobre 2007
Sur le site du club Marcq Aïkido : http://www.marcqaikido.com/

Vers la saison 1

My Aïkido is fantastic !

Petit personnage Lego en keikogi qui cligne d'un oeil en déclarant :My aïkido is fantastic !

Clic !
Crouïïïïïïïïïïïïïïï ! CRRRRR ! Zouissssss, Kt, Kt, Kt…
Amis adeptes du jeu de Meccano ou du jeu de Lego, bienvenue dans notre émission consacrée aujourd'hui à l'Aïkido. Vous serez surpris, très certainement, de cette introduction énigmatique, mais c'est pourtant vrai que Meccano ou Lego riment avec Aïkido, c'est du moins ce que notre invité de ce soir va nous expliquer.
Pour répondre à nos questions en effet, notre expert es qualité, M. Dominique Aliquot, 3e Kyu du Marcq Aïkido Club qui pratique l'Aïkido depuis quelques années maintenant, n'est-ce pas ?

- Oui, enfin presque, depuis un an et demi peut-être ?… Mais je me dois à l'honnêteté de dire que mes maîtres eussent été mieux à même de répondre à vos questions, eux qui m'ont tout appris. Néanmoins, je vais tâcher de me montrer digne de l'honneur qu'ils ont bien voulu m'accorder en les représentant aujourd'hui.
-Bien. Alors pouvez-vous nous en dire plus sur cette audacieuse équation entre Meccano ou Lego d'une part et Aïkido d'autre part ?
- Euh, il faut peut-être d'abord rappeler ce que sont Meccano ou Lego , même si beaucoup d'entre nous ont joué ou ont vu leurs enfants jouer à ces jeux. Tous deux sont des jeux de construction. Ils permettent, par assemblage de pièces aux formes simples, de construire des maisons, des châteaux, des véhicules, des automates, etc. En fait leur champ d'application est quasiment infini autant que la combinatoire de ces pièces. Eh bien, l'aïkido, c'est pareil.
- Comment cela ?
- Eh bien, les techniques d'aïkido sont le résultat d'un assemblage de pièces.
- Ah bon, mais encore ?
- Eh bien, par exemple, schématiquement, une technique donnée se décompose en un coup ou une saisie suivis d'une technique qui se termine en général par une immobilisation ou une projection. Voilà déjà trois pièces à l'édifice. En disant cela, je décris l'aïkido comme une construction d'éléments interchangeables qui, à condition d'être maîtrisés, pourront être utilisés opportunément. Enfin, quand je dis " je ", je rapporte ici le propos de mes maîtres naturellement.
- Bon. Mais à quoi cela avance-t-il ?
- Voyez-vous, une difficulté de l'apprentissage de l'aïkido réside dans le fait d'avoir à se souvenir de ces techniques. Or, elles sont le résultat d'un nombre fini de "pièces" qui, selon l'opportunité, s'enchaînent l'une à l'autre ou non. L'effort de mémoire doit donc d'abord porter sur ces "pièces" et aussi sur leur permutabilité. C'est un excellent moyen pour mémoriser les bases de cet art martial.
- Pourriez-vous illustrer votre propos d'un exemple ?
- Volontiers. J'en discutais l'autre jour avec mon boucher. Par exemple, quand l'attaque change, il faut la ramener à quelque chose de connu pour engager la technique, Ainsi, réaliser ikkyo sur une attaque en yokomen uchi ne présente pas de difficulté si l'on retient comment, en parant yokomen uchi, arriver à se placer dans la position d'aï hammi kakaté dori. Autre exemple : l'attaque shomen uchi conduit à des techniques du type de celles qui se conjuguent avec kataté dori.
- Est-ce aussi simple que cela ?!?!
- Oui et… non bien sûr ! D'ailleurs, dans ces exemples, ce ne sont que des possibilités. Par exemple sur yokomen uchi on pourrait "entrer" sur le partenaire plus directement. Mais ils montrent bien comment les techniques se renvoient les unes aux autres par les éléments qui les constituent.
- Pourriez-vous nous citer d'autres " pièces " importantes de ce jeu de construction ?
- Des éléments de construction de base, il faut retenir par exemple : sortir de la ligne d'attaque, rester centrer, maintenir la garde basse, utiliser le pivot et/ou l'atémi pour déséquilibrer ou déstabiliser l'adversaire, marcher sur l'adversaire, prendre son centre, marcher pour amener le partenaire au sol, etc. Je ne peux ici les citer toutes, même si leur nombre est limité, mais cela donne bien l'idée. Partant, la difficulté réside moins dans la mémorisation que dans le fait de respecter ces éléments dans la pratique et de les utiliser au moment opportun. Et ce travail de fond est un travail de tous les instants, pour les débutants comme pour les aïkidokas les plus avancés.
- Ne pensez-vous pas donner ainsi de l'aïkido une vision mécaniste ?
- Certes, mais, sans le réduire à cela. Il faut bien considérer le corps sous son aspect biomécanique, n'est-ce pas, au moins au niveau de l'apprentissage et pour construire ensuite d'autres choses. C'est un point d'entrée extrêmement important, incontournable. Zut, voilà que je me mets à parler comme mes professeurs maintenant, pardonnez-moi…
- Mais je vous en prie, M. Aliquot, c'était ma foi fort intéressant et nos auditeurs s'associent à moi pour vous remercier ainsi que vos professeurs qui, s'ils nous écoutent, vous sauront gré sans aucun doute d'avoir été un temps leur porte-parole pour ces importantes précisions.
Quant à vous, auditeurs aïkidokas qui apprenez le métier, tenez-le vous pour dit !
Ce sera le mot de la fin car notre émission est à présent terminée. Encore merci M. Aliquot et mon bonjour à votre boucher.
Et maintenant la météo marine de…

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