Aïkido : Le journal d'un
débutant
(Saison 2)
Publié depuis le 9 décembre 2006 sur le site du club Marcq Aïkido : http://www.marcqaikido.com/
Saison 1
Saison 2
Saison 3
Saison 4
Memento du rituel de pasage de grade à l'usage
des débutants
Le rituel de
passage de grade prend une forme immuable. Quand il existe, car
je me suis laissé dire que ce n’est pas vrai dans
toutes les crèmeries… En tous cas, chez nous, il
existe ; il convient donc de s’y plier et autant le faire
de bonne grâce. D’autant que le passage ne manque pas
de vertus : concentrer l’attention sur un nombre de
techniques précis, sur l’exactitude dans leur
réalisation, rappeler à la mémoire les
fondamentaux dont on a déjà fait la
démonstration dans des grades moins élevés,
etc. Mais le propos d’aujourd’hui n’est pas de
rappeler le bien-fondé de ces passages dont nous avons
traité par ailleurs. Ce que nous voulons noter ici,
c’est le rituel qui l’accompagne et qui
procède d’une certaine solennité à
laquelle il ne faudrait pas manquer. Or, il faut bien convenir
que les prétendants –dont je suis– qui ne
connaissent pas encore le rituel ont tout l’air d’une
armada de conscrits à qui l’on enjoint pour la
première fois de se mettre en ligne et de marcher au
pas.
Alors pour se préparer au mieux et donner la place la plus
confortable à la concentration sur les techniques,
souvenons-nous ensemble du rituel :
- 1) Les professeurs sont assis en seiza, les candidats face
à eux en nombre pair, un avancé complétant
le cas échéant, assis en seiza
également.
- 2) Les professeurs demandent aux prétendants des
volontaires qui joueront les rôles de tori. Ils leur
demandent de se lever et d’aller choisir parmi les autres
un uke en le saluant.
- 3) L’ensemble des candidats s’avancent et se
placent en seiza à une distance de 4 à 5 m des
professeurs, une distance qui leur permet de pouvoir
contrôler la réalisation des techniques et permet
aux couples de les réaliser sans gëne. S’il y a
deux couples, ils se placent symétriquement face aux
professeurs. S’il y en a trois, un couple se place face aux
professeurs et les deux autres de chaque côté. La
disposition est la suivante : les tori à
l’intérieur, les uke à
l’extérieur.
- 4) Au signal des professeurs, l’ensemble candidats -
professeurs se salue en prononçant la phrase : «
onegaï shimasu » (littéralement : « je
vous fais une requête, s’il vous plaît
»). Puis, chaque couple tori-uke fait de même.
- 5) Au signal des professeurs, la démonstration peut
alors commencer : à l’annonce d’une technique,
tori la réalise avec exactitude, en respectant
l’ordre d’exécution demandé si
plusieurs façons de les réaliser sont
annoncées. Par exemple, omote ura signifie «
d’abord en omote, ensuite en ura ».
- 6) Les techniques doivent s’enchaîner sans temps
mort et les candidats doivent continuer la technique
demandée sans interruption tant qu’une autre
technique n’est pas demandée, et bien sûr sans
indication contraire du professeur.
- 7) Naturellement, seuls les professeurs sont autorisés
à parler.
- 8) Le rôle d’uke est aussi important que celui de
tori, et la justesse des gestes, le réalisme des attaques,
etc. sont aussi des éléments qui sont jugés
en situation. Il ne faut donc pas se tromper d’attaque,
réaliser un shomen uchi quand le professeur demande un
yokomen uchi par exemple.
- 9) Les professeurs peuvent demander à chaque couple de
permuter d’uke à un moment ou un autre de la
démonstration.
- 10) La démonstration terminée pour les premiers
couples, tout le monde se replace en seiza face au jury comme au
début. Chaque couple est alors invité à se
saluer en prononçant la phrase « domo arigatoo
gozaïmashita » (littéralement : « merci
»), Puis se tournant vers le jury, les candidats se saluent
de même. Ils attendent le signal des professeurs avant de
quitter le tatami une minute le temps de récupérer
et de tout recommencer en inversant les rôles, tori
devenant uke et vice versa.
Ce rituel peut
sembler lourd, conventionnel, il paraît compliqué
sur le papier mais il répond pourtant point par point
à l’étiquette. Il ne vise qu’une chose
: que la cérémonie soit belle parce qu’elle
consacre les efforts et les progrès de ceux qui sont admis
à se présenter et elle est aussi la sanction de
l’enseignement des professeurs, alors : Soyez beau.
Je sais, c’est dur mais c’est ainsi :
l’aïkido est un art.
Tel pourrait être le maître mot de ce chapitre :
après l’avoir lu, oubliez-le, oubliez tout hormis
ceci, dont vous devrez vous pénétrer chaque fois
que vous foulerez le tatami, passage de grade ou pas : soyez beau
!