Aïkido
: Le journal d'un débutant
(Saison 3)
Publié depuis le 9 décembre 2006 sur le site du club Marcq Aïkido : http://www.marcqaikido.com/
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26. Le club d'aïkido de l'ASPTT Lille : un ailleurs.
Je suis allé voir ailleurs si j'y suis : j'y étais.
Cela ne s'est pas fait sans douleur. Pour cela, il a fallu renoncer au cours de Jean-Marie, notre sensei du mardi, et ce fut un crève-cœur de se décider avec en prime un arrière-goût de culpabilité et l'impression de s'être échappé indûment de la meute… Mais la curiosité fut la plus forte.
François notre professeur avait lancé à la cantonade une nouvelle harangue qui nous incitait à découvrir de nouveaux clubs et, partant, de nouveaux lieux, de nouveaux pratiquants… Bref, de nouveaux horizons. Je l'entends encore : " Il n'est pas bon de rester toujours entre vous, mélangez-vous ! Découvrez le vaste monde ! Il y a d'autres senseis sur terre, peut-être meilleurs que nous, d'autres Uke que ceux avec lesquels vous dialoguez, qui vous apporteront d'autres choses. Mettez-vous en marche ! Multipliez vos expériences ! Enrichissez-vous ! ". D'ailleurs, dès le début de la pratique, il nous disait déjà : " Engagez-vous, rengagez-vous, vous verrez du pays ! ". Et comme il lui a plu de nous le répéter, Christophe et moi sommes allés voir ailleurs.
Je sais, nous ne devrions pas être si influençables et nous ne devrions pas croire tout ce que notre sensei nous dit mais Jean-Marie lui-même ne nous a-t-il pas confié qu'au début, il hantait tous les clubs et les stages, de notre région et d'ailleurs ?
Oh ! On n'est pas allés bien loin ! L'ASPTT, c'est tout à côté. À Lille, la proche banlieue de Marcq-en-Barœul. Et là, surprise ! François notre professeur du vendredi y était ! Sur le coup, je me suis dit : " c'est bien la peine ! ". En fait, il était venu, comme nous. Pour voir si, ici aussi, on faisait la chaise à trois pieds pour réussir Ikkyo et s'il était vraiment utile de se déplacer à grands pas pour réaliser les techniques. Comme il est parti avant la fin, je confirme, par un petit message personnel à son attention, qu'effectivement, au vu des exercices que nous avons faits en fin de cours, il est hautement recommandé de cesser de prendre racine.
Autant que j'ai pu en juger, le cours, là-bas, se déroule en deux périodes d'une heure. La première fut conduite par l'un des deux assistants du club, Eric Chimento, et la seconde par Benoît Mabire, sensei en titre. Globalement, il y a été question, sur saisie kataté dori, sur shomen uchi et yokomen uchi, de réaliser des séries d'immobilisation en déclinant les variantes omote et ura, ainsi que de kaiten nage en tachi, suwari et hanmi hantachi waza. De précieux conseils ont été dispensés, qu'il serait vain de répéter ici, et le cours s'est terminé sur un curieux exercice de déplacement où tout l'aréopage présent sur le tatami, réparti en plusieurs files se faisant face aux quatre coins du tapis, se voyait intimer la consigne suivante : le premier de la file marche à grand pas vers l'autre file, à charge à son vis-à-vis de l'esquiver, le second marche à grand pas en choisissant une diagonale. Le troisième imite le premier, le quatrième le second. Naturellement, chacun, arrivé à destination, repart dans l'autre sens. Objectif de l'exercice : montrer et faire ressentir qu'il suffit de peu de mouvement pour esquiver l'autre et que notre attention doit être partout en même temps. Il paraît que les Japonais jouent à ce jeu quotidiennement dans la rue au milieu des voitures… J'ai du mal à le croire mais Benoît avait l'air d'en être convaincu. Et comme vous l'aurez compris, j'ai du mal à douter de ce que disent les senseis.
L'expérience s'est avérée très enrichissante dans une atmosphère excellente et détendue et, s'il est vrai que nous connaissons certains pratiquants de l'ASPTT qui nous font le plaisir de nous rendre visite à Marcq, comme Guillaume, Catherine et d'autres dont ma pauvre caboche ne parvient pas à se rappeler le prénom, j'ai pu pratiquer avec de nouveaux partenaires, débutants et avancés, et, à leur contact, j'ai eu franchement le sentiment de progresser.
Dit de cette façon, cela sonne comme un discours de fin de congrès de parti politique, avec une belle langue de bois, bien polie, bien cirée ; pourtant je vous garantis que l'expérience nous a donné à tous les deux l'envie de recommencer. Ce que nous ne manquerons pas de faire.
D'ailleurs, il me vient une idée : pourquoi ne pas éditer un guide des clubs d'aïkido de la région, une sorte de Michelin des clubs du coin ? Avec un court descriptif du lieu, des indications sur les horaires des cours, les calendriers des stages, l'adresse exacte, le moyen de s'y rendre et un indice de satisfaction des aïkidokas testeurs selon un classement non pas en étoiles mais en zoris, ces pantoufles japonaises en paille de riz (heu… là, je m'aventure peut-être un peu), et qui donnerait droit à trois séances d'essai gratuites sur présentation du guide et du certificat médical. Par exemple, pour l'ASPPT, on aurait quelque chose du genre :
ASPTT
(6 zoris) : (suivraient les coordonnées)
Commentaire
:
Un
dojo assez sombre mais dont le plafond est si haut que l'on ne risque
pas de planter son Jo dans les lustres. Le tatami est bien glissant :
ce
qui favorise le travail en suwari waza ; en revanche, on regrette que
quelques douches capricieuses, se refusant à couler comme il
se doit,
obligent les pratiquants à se regrouper sous celles qui ne
boudent pas leur raison d'être.
(etc.)
On pourrait l'appeler Le Guide du Rônin, du nom de ces samouraïs en mal de seigneur qui battaient la campagne. Cela viendrait peut-être combler la lacune incompréhensible du Chti 2009, qui, à la rubrique des arts martiaux, ne mentionne aucun des nombreux clubs d'aïkido de notre région.