Aïkido
: Le journal d'un débutant
(Saison 4)
Publié depuis le 9 décembre 2006 sur le site du club Marcq Aïkido : http://www.marcqaikido.com/
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4. Lettre à M. UESHIBA Morihei
à M. UESHIBA Morihei, fondateur de l'Aïkido
Cher
Morihei,
Je
saisis l'opportunité qu'offre la fée informatique
(à moins que ce ne soit un " kami " de nouvelle
génération, tant ces choses là nous
dépassent…) de m'adresser à Vous en
espérant trouver dans cet échange de courriels
matière à dissiper tant soit peu les quelques
zones d'ombres résiduelles que votre enseignement lumineux a
laissées. Forcément puisque de la
lumière naît l'ombre, c'est bien connu. Je laisse
le soin à ceux qui le souhaitent d'aborder avec Vous les
questions spirituelles que la pratique de l'aïkido induit de
par sa nature même, encore qu'elles ne laissent pas de
m'intriguer. Pour ma part aujourd'hui, je ne veux aborder qu'un point
concret, une question d'intendance en quelque sorte. Il faut bien
commencer par un bout. Et puis cela permettra à d'autres que
moi d'aborder avec Vous toute autre question, même simple,
même triviale.
J'ai lu quelque part que Vous considériez que les débutants pouvaient très bien porter le hakama et qu'il ne devait pas être un signe distinctif. Ce vêtement n'est-il pas bien utile par sa forme pour matérialiser notre centre (le hara) et maintenir nos reins ? Alors pourquoi ne pas en faire profiter les débutants dès leur premier pas ? Quoi qu'il en soit ici, en France, nous le portons à partir du deuxième kyu, autrement dit après avoir fait la preuve que nous pouvions supporter les principales chutes, aux cours des mois précédents et en sacrifiant aux différentes probations de grade. En effet, le maître choisit parmi ceux qui le portent, les uke de ses démonstrations, C'est pourquoi il faut qu'ils soient en mesure de supporter celles-ci.
Je
crois que je commence à comprendre physiquement pourquoi
j'hésitais à franchir le 2e kyu que le port du
hakama officialise : son port est tout sauf une formalité
que l'on baptise par un pot convivial et qui permet de mener une petite
vie de pingouin tranquillement planté sur son
carré de tatami. Ce que je soupçonnais se
confirme mais c'est une chose d'être conscient de ce que le
port du hakama signifie et une autre de le vivre. On attend de ceux qui
portent cette étoffe bien autre chose que le fait d'arborer
un habit honorifique. Nos maîtres, même si leur
bienveillance ne fait aucun doute, se montrent des plus exigeants
à notre égard, ce qui est normal puisque ce drap
nous désigne, quoi que l'on en ait, comme des "
modèles " auprès de qui les nouveaux chercheront
spontanément l'inspiration. Ajoutez à cela que,
pour les démonstrations, nous passons au centre du tatami
plus souvent qu'à notre tour et Vous aurez une vue globale
assez juste de ce que j'expérimente à
présent que j'ai sauté le pas. Je ne me plains
pas, au contraire, car j'ai le sentiment que cet état de
fait me pousse à aller de l'avant. En revanche, tout le
monde me plaint beaucoup, un franc sourire aux lèvres. C'est
de bonne guerre, je le sais. D'ailleurs, je pense que c'est le signe
d'une vraie marque d'intérêt et je garde
par-dessus tout l'espoir de progresser, malgré mes
limites… qui sont nombreuses, je sais cela aussi.
Comme Vous le voyez, cet aimable clavardage n'implique pas nécessairement de votre part une réponse technique, un débat. Encore que je serais curieux d'avoir votre opinion, que je recevrais et lirais avec attention. Mais bon, O tempora, O mores : un nombre de pratiquants de plus en plus étendu en suit la voie de par le monde, il est donc normal que les pratiques évoluent.
Accordons-nous
alors sur le fait que ce courrier est un premier contact. En attendant,
d'autres plus fréquents, propres à
éclairer les pas des débutants en Aïkido
dont je suis.
Bien
à Vous,
Un débutant