Aïkido
: Le journal d'un débutant
(Saison 4)
Publié depuis le 9 décembre 2006 sur le site du club Marcq Aïkido : http://www.marcqaikido.com/
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9. De quelques clichés, mon choix
Guillaume, Michel et moi avons eu l'idée de photographier nos ébats sur le tatami : démonstrations vigoureuses de nos professeurs, fulgurantes réalisations des apprenants, chutes spectaculaires, photos d'ambiance ou de détail… Il résultait de nos propos l'idée franchement avouée, le calcul tout bien pesé, d'illustrer en quelque manière, par des représentations bien senties, des icônes et des spectres, ce qui fait le cœur de notre art, et, partant, d'en agrémenter les articles de notre site.
Faut-il l'avouer ? On faisait ainsi un procès au texte, auquel on reproche l'absence d'immédiateté dans ses démonstrations.
Soit. On peut admettre ce point de vue qui rejoint l'opinion d'O Sensei selon qui l'on n'explique par l'aïkido avec des mots. Mais l'image suscite-t-elle davantage la compréhension qu'un texte ? Pas sûr… En revanche, une chose est certaine, elle joue le rôle du miroir pour qui s'y voit. Joli miroir, dis-moi… Elle donne aussi des indications précieuses sur des poses à adopter, des gestes à avoir, des placements… À la condition que le spectateur les intériorise et cherche à les restituer ensuite.
En tous cas, notre projet est un vrai beau projet auquel d'autres photographes en herbe du club peuvent s'associer sans réserve. Une saine émulation en la matière ne peut être que la bienvenue.
L'image, c'est connu, possède donc l'avantage sur le texte qu'elle en dit plus long en un clin d'œil qu'un long discours. Il faut toutefois apporter deux nuances à cette affirmation. D'abord, lire une image fixe ou animée est le résultat d'un apprentissage. N'avons-nous pas maintes fois évoqué la difficulté éprouvée à vouloir reproduire une technique que nous avons vue exécutée plusieurs fois ? Ensuite, l'image ni les mots ne remplaceront jamais le vécu, le ressenti.
Il n'en reste pas moins que l'image séduit.
Encore faut-il en user à dose homéopathique. Saturés que nous sommes par les images de toutes sortes, nous les engrangeons sans broncher à la façon d'une baleine qui bouche bée capture d'un coup de nageoire sa petite tonne de krill. Mais que faisons-nous de ces images ? Nous les digérons. Et après ? Telle est la vraie question. Telle est l'image qu'elle constitue une trace plus superficielle que le texte et qu'elle s'efface quand le texte reste.
Pour
ma part, des premières qui ont été
prises sans intention précise, je n'en ai retenu
arbitrairement qu'une. La voici :
(©Photo Guillaume Brabant, Cours de Jean-Marie Duprez du 27/10/2009)
Photo de détail : elle montre un aïkidoka, débutant puisqu'il ne porte ni hakama ni ceinture noire, dont l'âge est compris entre 18 et 25 ans, qui réalise un nikkyo avec une évidente bonne humeur. L'image fournit d'abord une indication précieuse sur la saisie de la technique bien sûr, mais elle me semble aussi emblématique de ce qui se passe dans notre club à bien des égards : ambiance, concentration, travail, renouvellement, échanges interclubs, sous le regard escamoté mais que l'on peut supposer confiant du fondateur. Je ne peux m'empêcher de penser que cette photo pourrait servir d'enseigne à notre club et plus généralement à notre art. Le plaisir, cette saine maladie, est contagieux et séduit plus que tout autre argument : une telle image est propre à susciter l'envie d'essayer l'aïkido.
Cette photo est de Guillaume qui aura été de nous trois le premier à s'exécuter à la suite de notre discussion. N'écoutant que son courage, il s'est résolument abstenu de pratiquer lui-même ce jour-là, pour prendre quelques photos à la fin d'un cours de Jean-Marie ; et, à voir les premiers résultats, je trouve saugrenue cette idée d'utiliser la photo pour illustrer un texte. Certes, ces premiers clichés sont un premier essai mais ils sont réussis et ils me convainquent, s'il le fallait encore, qu'ils méritent que ce soit le texte qui se mette à leur service.
C'est chose faite.