Aïkido : Le journal d'un débutant
(Saison 4)

Publié depuis le 9 décembre 2006 sur le site du club Marcq Aïkido : http://www.marcqaikido.com/

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13. Faites l'aïkido pas la guerre !

Je suis d'une naïveté déconcertante. D'une naïveté têtue qui vaut son pesant de noix de coco. Je m'imaginais un aïkido dépourvu de genre, de sexe si vous préférez. Pour moi, jusqu'ici, celui qui montait sur le tatami laissait son sexe au vestiaire, le seul lieu - notez-le- où, dans un dojo, il soit question de sexe. Pour mon esprit simple et binaire, la jupe-culotte hakama ajoutant à la confusion, les signes distinctifs qui caractérisent les sexes se trouvaient réduits à des considérations neutres de taille, de poids, de souplesse… Ils ne devaient jouer, dans la réalisation des techniques, que dans cette relation aussi essentielle qu'innocente du " travail à deux tori-uke ", si impérieuse et si nécessaire pour la justesse de nos débats.

Bref, l'amour dans tout cela était hors du coup, sauf à le considérer sous l'angle de l'amour de son prochain et j'étais à mille lieues de penser que l'intrigue amoureuse pût nous occuper l'espace d'un instant. Ça alors !

Je m'empresse de dire que le couple tori-uke concentré dans la pratique d'un aïkido pur reste le plus fréquent bien sûr ; mais on ne peut non plus écarter tout à fait l'hypothèse de dérives possibles.

Je ne sais à quoi tient que voilà mes yeux dessillés. Et d'ailleurs, qu'importe ! Ce qui compte, c'est que je poursuive le noble but que je m'étais assigné au départ et qui reste plus que jamais d'actualité : découvrir, pas à pas, comment l'on devient aïkidoka et en témoigner par ma propre expérience en me lançant dans l'aventure. Et, si cela devait en passer par là, ma foi…

Par ailleurs, trouver ce nouveau sujet " scabreux " serait faire preuve de mauvais esprit ou se fourvoyer. Il faut simplement se rendre à l'évidence : la réalité est ce qu'elle est, le genre humain est sexué et il le reste aussi, quoi qu'on en ait, sur le tatami. Est-ce une bonne nouvelle ? Au fond, oui, cela démontre que l'aïkido tient compte de la nature humaine et puis, si l'on se réfère aux riches heures des samouraïs du temps jadis, dans la vie desquels nos traditions trouvent leur inspiration, on ne peut pas dire qu'ils étaient faits du bois de fer dont on fait le sabre d'entraînement.

Du coup, je me suis mis à considérer, malgré moi, certaines techniques sous un œil un tant soit peu différent. Et je dois avouer que, pour le dire en creux, un irimi nage est nettement moins agréable avec un partenaire masculin qui aura tendance à bûcheronner la technique que dans les bras d'une personne du sexe que je n'ai pas. Il me semble en effet que, dans ce second cas, je pourrais tournoyer, la tête dans son épaule, comme cela, indéfiniment, à l'instar d'un derviche tourneur, quitte à débusquer Dieu au détour d'une circonvolution, plutôt que de chuter illico presto à grand fracas. Ce n'est q'une supposition naturellement (je tiens à le souligner : ma femme corrige mes fautes d'orthographe).

Ce qui arrive le plus souvent, c'est pourtant la chute (je tiens à le souligner : il arrive à mes professeurs de lire mes âneries pour se dilater la rate).

Bon, me direz-vous, et alors ?
- Eh bien, voilà c'est noté, et puis, justement tiens, vous aussi, faites l'aïkido pas la guerre !