Aïkido
: Le journal d'un débutant
(Saison 4)
Publié depuis le 9 décembre 2006 sur le site du club Marcq Aïkido : http://www.marcqaikido.com/
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20. L'ombre d'un souffle
«
Il faut sentir le rythme de l'autre
et pousser sur son souffle en y posant le sien, Ki Awase.
De là vient la force d'une technique.
C'est le kokyu. »
(Parole de Maître Noro dans son dojo en 2007 :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Kinomichi)
Je cherche à tâtons la lumière. Des zones d’ombre subsistent en mon esprit. On pourrait mettre cela sur le compte de l’absence de clarté eu égard à l’hiver qui nous donne un teint d’endive, la goutte au nez et la toux rauque mais il n’en est rien.
Lorsqu’on se prépare à un passage de grade, on pense surtout à mémoriser les techniques et à travailler avec soin les entrées, les enchaînements, etc. Mais le souffle, y pensez-vous ?
Ben oui, tiens ! Que faisons-nous d’autre que de travailler le souffle-énergie au long des cours ! Et Shin Kokyu et tout le tremblement…
C’est vrai, c’est vrai, mais voilà ! Le souffle, il faut aussi savoir le gérer ce jour-là parce que le trac inévitable —indice que l’on est consciencieux— peut perturber la démonstration de façon inattendue : le trac contracte les muscles respiratoires provoquant une sous-ventilation. Résultat : on est plus vite essoufflé. Il faut donc penser à respirer profondément avec le ventre avant son passage de façon à alimenter convenablement en oxygène ses poumons. Le trac en diminuera d’autant. Par ailleurs, tout au long du passage, sans pour autant lambiner, prenez le temps de bien faire les choses et donc aussi de bien respirer, vous en aurez besoin. En douteriez-vous ? À titre indicatif, sachez que, pour supporter un passage de grade, il faut être capable d’enchaîner 50 à 100 chutes (ukemis) !
Le souffle, toutefois, ne se réduit pas en aïkido au simple fait d’avoir à le reprendre ou de chercher à ne pas le perdre. Le souffle est constitutif de la pratique. Il agit comme un levier et, lorsqu’il est régi convenablement, il devient échange avec le partenaire. Il n’en reste pas moins que dans cette histoire de souffle, je me suis toujours senti abandonné sur le rivage quand les autres prenaient le large, au zéphyr, toutes voiles dehors. Perplexe, j’aimerais donc, à défaut de tirer tout à fait l’affaire au clair une fois pour toutes, au moins faire le point sur ce mystère volatil et pourtant si fondamental qu’il est réputé être « la base de tous les mouvements d’aïkido » .
En clair : Kokyu c’est quoi ?
Remarquez, je pourrais dire la même chose de plein d’autres sujets, le ki (énergie/souffle), le shin (cœur/esprit), pour n’en citer que deux. Mais celui-ci présente l’avantage de concentrer mes interrogations du moment. Si, depuis plus de trois ans, je réalise des Kokyu Ho en suwari waza et en tachi waza, des Kokyu nage et des Shin Kokyu, associés à certaines techniques comme Tenchi nage ou à vide pour reprendre souffle ou terminer un cours, j’ai le furieux sentiment que quelque chose dans tout cela m’échappe encore.
Désirant
me documenter sur la question, j’ai d’abord
glané ici ou là des définitions qui
m’éclaireraient sur le Kokyu, jugez par
vous-même :
Ainsi mises bout à bout, des choses se dessinent : le lien entre souffle (inspiration - expiration) et création de puissance, l’association entre souffle et rythme, la nécessaire interaction entre les souffles des partenaires dans la réalisation des techniques, le fait que le Kokyu puisse être le nom de techniques et désigne également un principe.
« Kokyu nage est une technique à part entière. Kokyu ho est davantage l’étude d’une principe : on choisit, malgré une contrainte maximum (katate dori par exemple) de créer un échange, de trouver une certaine liberté d’action, permettant de laisser s’écouler librement son ki. »
« Sokumen irimi nage : Si cette technique relevait de l’étude d’un principe et non d’une application, on l’appellerait Kokyu ho. »
Si je comprends bien : tantôt technique, tantôt principe, le kokyu est donc le cœur de l’échange entre partenaires, un échange basé sur le souffle qui détermine le rythme d’exécution de la technique, un rythme tout entier dépendant de cet échange et qui ne peut se réaliser sans tenir compte du souffle de l’autre. Le kokyu, s’il reste théorique dans la construction ne se réalise vraiment que dans l’application.
Ces choses étant posées, et il m’était nécessaire qu’elles le soient, est-il utile de continuer ainsi indéfiniment à compiler citations, conseils et recommandations ? Arrêtons-nous un moment pour reprendre souffle, voulez-vous ? Il sera toujours temps de retourner à la théorie plus tard. À présent, il me tarde de me remettre à la pratique.